Réaction : Relance et politique du logement


Emmanuelle Wargon a annoncé que le Gouvernement lancera une aide à la rénovation complète des logements à destination de la classe moyenne. Un ménage pourra ainsi prétendre à une aide d'environ 20 000 €.


Déjà le 23 juin j'interpellais le ministre de l'époque à ce sujet en rappelant que toutes les aides existantes sont fléchées vers les classes les plus modestes. Ce qui est très bien, mais, souvent, ce ne sont pas elles qui entreprennent des travaux.


Dans mon intervention j'insistais pour qu'on n’oublie pas les classes moyennes car tous les Français ont besoin de ce dispositif : les études réalisées à l’issue de la #crise #sanitaire révèlent toutes qu’ils envisagent d’améliorer leur logement.


Ce qui est surtout apparu, c’est bien l’inégalité d’hébergement entre les Français.

Cette annonce va dans le bon sens et je m'en réjouis.

Mais allons plus loin sur le sujet du #logement et battons nous pour une #politique #publique du logement #décent !


Le secteur de la construction a connu un coup d’arrêt brutal avec le confinement. La Fédération française du bâtiment prévoit ainsi une perte de 18% d’activité et de 120000 emplois sur l’année 2020, ce qui en fait un des secteurs les plus touchés par les conséquences du coronavirus.

Il doit donc être au coeur de la relance économique.


Pour qu’elle soit la plus verte possible, cette relance doit obligatoirement englober le domaine du bâtiment, qui représente 20% des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui. Il n’y aura donc pas de transition écologique en France si l’on ne s’occupe pas de nos logements.


La rénovation énergétique est un impératif. Elle fait l’objet d’un consensus politique rare, réunissant toutes les forces politiques, la Convention citoyenne pour le climat et les citoyens.

Au-delà des créations d’emplois, c’est une mesure profondément sociale : les travaux d’isolation permettent de réduire jusqu’à 25 % la facture énergétique annuelle des ménages (source Ademe).


Depuis peu, la performance énergétique a intégré la définition du logement décent. Les très grosses passoires thermiques, soit 400 000 logements dans notre pays, seront interdites à la location à partir du 1er janvier 2023 si elles ne sont pas rénovées.

Cependant, l’efficacité énergétique ne doit pas éclipser les autres aspects du logement décent, des angles morts de la vie quotidienne qui sont devenus saillants au moment du confinement.


Le bien-être s’est fortement dégradé durant ces deux mois exceptionnels, qui ont montré combien cette question du logement décent est centrale. De nombreuses familles ont dû transformer leur salon en bureau et en salle de classe. Des enfants et des parents ne disposaient pas d’un espace individuel et calme pour travailler.


La définition du logement décent se limite aujourd’hui à un critère de surface de 9 mètres carrés avec une hauteur sous plafond de 2,20 mètres et à l’absence de parasites. Est-ce digne de la France du XXIe siècle ?


Depuis trop longtemps, les politiques publiques en matière de logement se sont concentrées sur des objectifs chiffrés. Il fallait produire le plus grand nombre de logements pour répondre à une demande grandissante et ainsi contrer la hausse des loyers et le prix croissant du mètre carré. La même politique a été menée concernant les logements sociaux, les lois fixant un quota de 20% par commune.


Malheureusement, ces politiques ont totalement évacué l’aspect « qualité » du logement. Construire des logements est une impérieuse nécessité ; elle ne peut se faire aux dépens des familles et des individus qui y vivent. La rénovation ne doit donc pas se résumer à un volet énergétique.


Il faut s’atteler à repenser notre parc immobilier. C’est dans ce sens que le gouvernement doit accompagner les propriétaires bien plus activement qu’aujourd’hui sur le chemin de la rénovation. Les aides doivent cibler les ménages des classes moyennes, aujourd’hui grands oubliés, et être élargies au-delà de la rénovation énergétique.


Mais ce renouveau de notre parc immobilier passe aussi par une plus grande place donnée à la maîtrise d’œuvre.

Le secteur de la construction doit associer plus étroitement les architectes pour en faire des garants de la qualité du logement.

La « qualité » devra être définie et assurée par des critères qui devront être plus nombreux et plus précis.


Il est temps de lancer une grande politique publique du logement décent en France, afin que l’on ne conjugue plus l’habitat indigne qu’au passé.


Actualités: 


https://www.batiactu.com/edito/etat-va-creer-aide-a-renovation-complete-son-logement-60110.php?fbclid=IwAR3Bm15IUiROUL_DRVZb_QywonC36ZMRhZfIfKHoYNKK3x_t8Q80ctO7UKs