Réaction : Crise sanitaire, environnement et relance économique


«Plus rien ne sera jamais comme avant», «Le jour d’après sera vert ou ne sera pas», même la présidente de la Commission a présenté le plan au Parlement européen en promettant de placer le «Green Deal» au cœur de l’effort de relance de l’UE…on assiste au triomphe médiatique de l’écologie !

Mais qu’en est-il vraiment ?

Au-delà des assertions faciles du type : «La relance ne pourra pas se faire sans prise en compte des enjeux environnementaux», on ne voit que trop rarement émerger des discours de rupture. Peu de propositions véritablement innovantes et peu de nouvelles politiques publiques à cette étape.

L’écologique de demain doit s’affranchir du ghetto idéologique dans lequel certains mouvements l’ont entrainée et se libérer de ces politiques qui tendent à se rétrécir trop souvent autour de normes toujours plus nombreuses. Il faut renouer avec une #écologie concrète et compréhensible, proche des gens et des territoires. Une écologie qui s’intéresse à l’ aménagement du territoire et qui en soit pleinement partie prenante.

Par le biais d’une relance verte, c’est un plan plurisectoriel que nous devons mener. Tous les secteurs doivent y trouver des éléments qui contribueront à leur revitalisation. Le secteur du bâtiment est l’un des acteurs du #rebond qui doit être favorisé. Certains y voient juste une politique de réhabilitation immobilière, d’autres une politique écologique puisqu’il s’agit de limiter la consommation énergétique et les nuisances induises. En réalité, c’est bien plus que cela. Pourquoi choisir ? Ce secteur a d’ailleurs fait l’objet d’attentions particulières dans le cadre de la loi AGEC dont je suis la rapporteure au Sénat - par exemple, le diagnostic renforcé de la gestion des produits, matériaux et déchets issus de travaux, qui devront comporter toutes les informations nécessaires à leur réemploi ou valorisation. La crise sanitaire a révélé des inégalités d’hébergement des Français et l’importance que revêt la qualité d’un logement confortable, souvent transformé en bureau par le télétravail. C’est pourquoi je plaide pour une incitation forte à la réhabilitation et à la rénovation des bâtiments. Cela, suivant plusieurs axes : => l’isolation thermique et acoustique, => le chauffage, => la ventilation naturelle, => mais aussi l’incitation à une « reconception » du parc immobilier. Ainsi s’est manifesté, par exemple, le désir d’avoir un espace « extérieur » à soi pendant le confinement.

Cela demande une vision, des convictions et du courage de la part des pouvoirs publics. Et cela ne pourra être efficace sans réflexion de fond sur les taxes qui alourdissent les coûts de production au détriment de la compétitivité. Le rebond dans le bâtiment renvoie à un autre sujet important, déjà évoqué, apparu durant cette crise : le télétravail qui suppose des lieux de qualité permettant de travailler chez soi ou à proximité. Penser que favoriser celui-ci serait juste l’expression d’une volonté de réformer le droit du travail, ou de prendre en considération une aspiration personnelle de beaucoup de nos concitoyens, serait réducteur.

Bien sûr, il peut être un recours pour limiter le volume des déplacements quotidiens des Français, une des principales causes de pollution de notre pays. Mais il est également un excellent vecteur de développement des territoires à travers une meilleure répartition géographique de la création de richesses dans notre pays et le déploiement d’infrastructures numériques.

Mieux encore, avec le télétravail, nous pourrons desserrer l’étau sur l’immobilier dans les principales agglomérations, soulager les infrastructures routières et surtout, mieux répartir la population – et ainsi contribuer à la réhabilitation des centres-bourgs aujourd’hui délaissés. Pour une relance efficace et tenant compte des aspirations environnementales des Français, nous n’avons pas d’autres choix que de trouver des synergies entre toutes ces préoccupations liées à un investissement nouveau de nos territoires.   


Cette tribune a été publiée dans la revue du Trombinoscope de juin 2020. 


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