Réaction : Enfin un ministère de la Mer !


Ce lundi 6 juillet, le Président de la République a décidé de reformer un Ministère de la Mer de plein exercice, trente ans après le précédent. Une première depuis de nombreuses années, qui est plus que bienvenue.


Les espaces maritimes sont une richesse formidable pour notre pays !


Avec 11 millions de kilomètres carrés, la France est le deuxième espace maritime mondial. Ce grand poumon bleu n’existerait pas sans nos territoires ultra-marins, dont les habitants connaissent mieux que quiconque la richesse de la biodiversité de nos mers et océans Les espaces marins mondiaux couvrent 72% de la surface de la planète et abritent plus de 240 000 espèces connues.


Outre le berceau d’une biodiversité abondante, les mers et les océans sont aussi une richesse économique.

L’économie bleue française représente aujourd’hui 91 milliards d’euros et 355 000 emplois. Cette économie touche de nombreux secteurs : elle ne concerne pas seulement la pêche et le tourisme, mais aussi la ConstructionNavale ou la PolitiqueDéfense , domaines dans lesquels la France est en pointe.


Mais ces richesses sont menacées par les dérèglements climatiques.

Dans son rapport spécial sur l’océan publié en septembre 2019, le GIEC alerte sur les graves dangers encourus par la biodiversité marine.


La santé des océans est d’abord menacée par la pollution plastique, sujet qui rejoint mes travaux sur l’économie circulaire.


La France déverse chaque année 11.200 tonnes de plastique en Méditerranée selon un rapport du WWF. S’il souligne combien la France est plutôt bonne élève en termes de collecte, ce rapport dit aussi qu’une grande partie de ces déchets provient des terres intérieures via les fleuves.


L'application de la loi anti-gaspillage et économie circulaire pour limiter la place du plastique dans nos vies est donc primordiale.


Au-delà de la pollution, un autre grand danger menace nos espaces maritimes : l’acidification des océans. Elle s’accélère avec les émissions de gaz à effet de serre, bouleversant l’ensemble de l’écosystème marin et faisant disparaître un grand nombre d’espèces de poissons. Selon l'UNESCO, plus de la moitié des espèces marines du monde seraient menacées d'extinction d'ici la fin du siècle si des mesures importantes ne sont pas prises. Cette menace sur la biodiversité marine aura des conséquences en cascade sur les écosystèmes, les économies côtières et bien évidemment les personnes qui en dépendent et qui en vivent.


Le Président de la République semble avoir compris ces enjeux. Lors des AssisesdelaMer qui se sont tenues en décembre 2019, il a déclaré que le XXIe siècle serait maritime. Il a ainsi appelé à augmenter la part des aires marines protégées, à 30% d’ici 2022 (contre 24% aujourd’hui) et à 100% concernant les récifs de corails français (contre 66% aujourd’hui).

Il faut maintenant que les discours soient suivis d’actes. Et il faut surtout aller plus loin.

Il est temps d’instaurer une grande diplomatie de la mer sur ces questions, notamment dans le bassin méditerranéen. Rien ne pourra se faire sans les 22 pays du bassin méditerranéen, qui déversent dans la mer 600.000 tonnes de plastique par an. Il faut relancer l’Union méditerranéenne, créée sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, autour des enjeux écologiques.


Le second pilier d’une grande politique de la mer est un investissement massif dans la recherche, seul moyen d’assurer un développement maritime durable. La recherche permettra aussi de poursuivre la découverte de nouvelles espèces mais aussi de développer les hydroliennes, turbines hydrauliques qui utilisent les courants marins pour produire de l’électricité.


Il est enfin temps de penser la politique de la Mer de manière transversale. C’est pourquoi un ministère de plein exercice est une bonne nouvelle : cela permettra de croiser les sujets agricoles et écologiques en passant par l’ éducation ou la défense. Il est important de porter l’ensemble de ces aspects, sans en négliger un seul.


La politique de la mer nécessite une incarnation politique, comme la rénovation des logements. C’est un formidable moyen de valoriser nos territoires d’outre-mer et nos littoraux, des zones trop souvent oubliées.


Il faudra donc juger ce nouveau gouvernement sur ses actes en faveur d’une grande politique de la Mer, digne de notre pays.

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